Cahiers Spartacus

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Rosa Luxemburg

La crise de la social-démocratie

13.0 EUR

 

  Le 4 août 1914, foulant aux pieds tant les déclarations de principe de l’Internationale socialiste que les dénonciations de la politique impériale parues dans toute sa presse au cours des semaines précédentes, le groupe parlementaire social-démocrate votait les crédits de guerre et apportait de fait l’adhésion du parti et des syndicats à l’Union sacrée.

 

  Depuis les grandes manifestations ouvrières de 1910 contre le régime électoral de la Prusse, Rosa Luxemburg et d’autres militants influents du parti social-démocrate, partisans d’une mobilisation pour l’instauration de la république, s’étaient retrouvés en opposition avec la direction du parti, dont le seul horizon était les élections législatives, et qui bénéficiait en particulier de l’appui de Karl Kautsky, qui reniait ainsi ses écrits les plus récents sur la prise du pouvoir. Ces divergences profondes à l’intérieur de la social-démocratie allemande, qui servait alors de référence à l’ensemble du mouvement socialiste européen et qui dominait l’Internationale, étaient annonciateurs des renoncements à venir.

 

  À partir de 1913, Rosa Luxemburg s’engagea dans une campagne vigoureuse de dénonciation du militarisme allemand et des risques de guerre. En février 1914, elle fut condamnée à un an de prison pour incitation de soldats à la désobéissance, mais la sentence ne fut pas exécutée immédiatement. Dès le ralliement de la majorité du parti à la politique de guerre, elle rassemble ceux de ses membres les plus déterminé à s’y opposer. Mais en février 1915, elle est incarcérée à Berlin, et c’est en prison, en quelques semaines, qu’elle écrit cette analyse des causes de la guerre mondiale et de l’effondrement de la social-démocratie et de l’Internationale et des conséquences qu’on peut en tirer pour le mouvement ouvrier. Dans les conditions difficiles imposées par la clandestinité, l’arrestation ou la conscription des militants qui lui étaient proches, ce texte ne sera diffusé qu’après sa sortie de prison en 1916, sous le pseudonyme de Junius, déjà utilisé par un pamphlétaire anglais du XVIIIe siècle pour dénoncer la politique du roi Georges III et la corruption des milieux dirigeants.

 

  Dans un pays sous le joug de l’état de siège, où les militants ouvriers les plus attachés aux principes du socialisme ont été pour le moins désorientés par le ralliement de la direction social-démocrate au bellicisme et au nationalisme, cette brochure, qui comprend en annexe Douze thèses sur les tâches de la social-démocratie, servit à la fois de point de ralliement et d’outil de clarification à l’intérieur du camp jusqu’alors peu structuré des opposants à la guerre. Mais au-delà de la nécessité immédiate de regrouper ceux-ci sur des positions cohérentes, elle exprime aussi la lucidité terrible de Rosa Luxemburg : « Encore une guerre de ce genre, et les perspectives du socialisme seront enterrées sous les ruines entassées par la barbarie impérialiste. »

 

174 pages - 1994