Cahiers Spartacus

                 Catalogue et vente en ligne

Les livres sont classés par ordre alphabétique, vous pouvez faire une recherche par titre ou sélectionner un ou plusieurs auteurs qui vous intéressent.

All

Maurice Dommanget

Enragés et curés rougesen 1793

13.0 EUR

    « Curés rouges » : cette expression a été inventée plus d’un siècle après la Révolution française pour désigner des prêtres qui prenaient parti aux côtés des couches les plus pauvres de la société.

      Dans la France de la fin du XVIIIe siècle, les curés, ces moellons d’un des piliers de l’édifice féodal, adoptèrent des positions très variées. Maurice Dommanget s’intéresse ici à deux d’entre eux, qui, dans les intenses luttes de classes de la Révolution, se sont placés dans le camp des opprimés et des affamés.

     Pierre Dolivier, curé d’un village de la région d’Étampes, prend part aux débats sur l’organisation politique et le régime de la propriété. Dans l’un de ses textes les plus importants, l’Essai sur la justice primitive (1793), il y défend les principes de la propriété communale des terres et de leur attribution égalitaire entre les paysans, à une époque où une telle attaque contre la propriété privée pouvait être punie de mort.

   C’est à Paris qu’un autre curé, Jacques Roux, membre d’une des sections de citoyens les plus importantes par le nombre, mènera en 1792 et 1793 l’action contre la hausse des prix des subsistances et ceux qui en profitent. À la Commune, lors des débats sur la nouvelle constitution, il cherchera à y faire inclure des restrictions à la liberté du commerce lorsque celle-ci aboutit au monopole et à la spéculation sur les produits de première nécessité. La pétition qu’il avait rédigée pour cette occasion, et que sa section avait approuvée à l’unanimité, reçut ultérieurement le nom de Manifeste des enragés. Sa dénonciation virulente  de ceux qui s’enrichissaient pendant que le peuple s’enfonçait dans la misère, les manifestations de celui-ci, attirèrent à Jacques Roux l’hostilité de la Convention. Robespierre qualifia le fond de la pétition d’«incendiaire», et assimila son auteur aux étrangers ennemis de la Révolution. Jacques Roux n’en persista pas moins dans ses attaques, et, durant l’été, dénonça l’action néfaste des administrations marchandes, ces services qui avaient pour tâche d’acheter le blé et de le vendre aux boulangers. On l’arrêta en septembre 1793 et il se suicida en janvier 1794.

 

172 pages - 1993