Cahiers Spartacus

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Guy Sabatier

Traité de Brest-Litovsk 1918 Coup d'arrêt à la révolution

6.0 EUR

À l’époque des conférences internationales de Zimmerwald et de Kienthal (1915 et 1916), Lénine avait énergiquement appelé au « défaitisme révolutionnaire », par la grève générale et le soulèvement des soldats, et à la « transformation de la guerre impérialiste en guerre civile ». Mais quand, après la révolution de Février 1917, il rentre en Russie, il adopte le mot d’ordre de « paix immédiate », une paix « démocratique », qui deviendra au moment de la révolution d’Octobre « paix sans conditions ».

La décomposition de l’armée tzariste s’est accélérée après l’offensive désastreuse déclenchée en juin sous la pression des alliés français et britanniques. Les soldats, très majoritairement paysans, désertent en masse pour rentrer au village participer au partage sauvage des terres.

 

Au IIe congrès des députés des soviets d’ouvriers et de soldats qui s’ouvre à Petrograd juste après la prise du pouvoir par les bolcheviks, ceux-ci font adopter deux décrets, l’un sur la paix, l’autre sur la terre. Celui-ci tourne le dos à la nationalisation des terres prévue dans le programme bolchevik ; il reprend celui d’un groupe de socialistes-révolutionnaires, qui amèneront ceux-ci – les socialistes-révolutionnaires de gauche – à rompre avec la majorité socialiste-révolutionnaire et à rejoindre les bolcheviks au gouvernement en décembre 1917.

 

Dès mi-novembre, le gouvernement bolchevik a entamé des discussions avec l’Allemagne et ses alliés ; le 2 décembre, à Brest-Litovsk, un armistice est signé et les négociations de paix s’engagent.

 

Pour les dirigeants allemands, l’armistice, puis la paix avec la Russie permettrait de reporter l’essentiel de leur effort de guerre sur le front d’Europe de l’ouest ; mettant fin à la résistance russe dans les territoires occupés, comme l’Ukraine et une partie de la Russie, coupant les révolutionnaires de ces régions du centre de la Révolution, il leur laisserait le champ libre pour les piller à loisir et y installer des régimes qui leur seraient soumis ; enfin, ils pourraient exiger du nouveau pouvoir russe de protéger les intérêts en Russie des capitalistes allemands.

 

Ces conditions imposées par l’Allemagne et ses alliés, les conséquences prévisibles de la paix sur la Révolution, provoquent de vifs débats au sein même de la direction bolchevique ;  les socialistes-révolutionnaires de gauche se déclarent eux aussi hostiles à cette paix qui subordonne la révolution au bon vouloir de l’impérialisme allemand. Fin janvier 1918, les négociations de paix sont rompues ; l’armée allemande reprend l’offensive en direction de Petrograd, et le gouvernement se replie à Moscou. Quelques jours plus tard, Lénine obtient à une très courte majorité l’accord du Comité central du parti sur les conditions de la paix ; le 3 mars, malgré l’opposition persistante des « communistes de gauche », à laquelle appartiennent plusieurs Commissaires du peuple, et celle des socialistes-révolutionnaires de gauche – qui, deux semaines plus tard, quitteront le gouvernement –  la paix est signée.

 

C’est ce débat, entre ceux qui, comme Lénine, considéraient que la poursuite de la guerre entraînerait la chute du pouvoir révolutionnaire et les oppositionnels, qui voyaient dans la paix l’arrêt de la révolution, que présente et met en perspective cet ouvrage. On y trouvera en annexe La tragédie russe, le point de vue de Rosa Luxemburg sur la paix de Brest-Litovsk.  

 

94 pages - 1977