Cahiers Spartacus

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Lucien Laurat

Déchéance de l'Europe

7.0 EUR

Se réclamant de la méthode de Marx, Lucien Laurat (1898-1973), l’un des premiers à avoir fait connaître en France l’Accumulation du capital de Rosa Luxemburg, analyse de façon détaillée la situation de l’Europe occidentale au sortir de la deuxième guerre mondiale, en notant en premier lieu le paradoxe suivant : alors que les forces productives ont fortement régressé, du fait des massacres et  des destructions immenses et de la désorganisation dus à la guerre, les salariés semble en majorité gagné à l’idée du socialisme, sans nécessairement concevoir ce que sa réalisation lui demanderait.

 

  Constatant la supériorité indéniable du capitalisme américain au sortir du conflit, il note au sujet de l’Europe : « Il faudra qu’elle en prenne son parti : elle est définitivement détrônée. Elle ne dominera plus le marché mondial, elle est appelée à en subir les lois...Les nations européennes ne sont plus viables qu’en commun...Puisque l’Europe fédérée est une nécessité, elle se fera. » 

 

  Ce recul de la puissance économique des pays d’Europe a des conséquences directes sur la capacité de ses peuples à construire le socialisme : « L’Europe...a dilapidé l’héritage capitaliste sans lequel le socialisme est impossible. »

 

   Ceci ne signifie nullement que le capitalisme a surmonté les contradictions qui ont conduit au conflit mondial et à l’étatisation croissante des économies. Cette dernière, avertit Laurat,  freine le développement des forces productives sans donner pour autant à la classe ouvrière les moyens d’organiser elle-même la production.

 

   Dans les conclusions d’un texte riche en références, il réaffirme la perspective d’un passage possible au socialisme, dans le cadre d’une Europe unifiée : « Par ses ravages matériels et moraux, la guerre a ouvert un interrègne entre la fin du capitalisme et les débuts d’un ordre socialiste vraiment digne de ce nom. »