Cahiers Spartacus

                 Catalogue et vente en ligne

Les livres sont classés par ordre alphabétique, vous pouvez faire une recherche par titre ou sélectionner un ou plusieurs auteurs qui vous intéressent.

All

Alain Bihr

La farce tranquille. Normalisation à la française

13.0 EUR

Quand Alain Bihr écrit ce livre, en 1986, la gauche française, vainqueur des élections présidentielles et législatives en 1981, vient d’être battue, et Jacques Chirac devient le premier ministre de François Mitterrand.

 

Pour lui, l’arrivée de la gauche au gouvernement en 1981 a inauguré une nouvelle époque dans la vie politique française, et son analyse sera entièrement validée au cours des années suivantes : en France, comme dans les autres pays occidentaux, et, aujourd’hui, dans les anciens pays sous domination soviétique, des partis de gauche peuvent bien succéder à des partis de droite à la tête du gouvernement, ils ne chercheront en aucun cas non seulement  à rompre avec les lois du système capitaliste, mais ne s’attaqueront pas non plus sérieusement aux privilèges des classes possédantes.

En ce sens, 1981 a marqué un véritable tournant dans la confrontation politique en France, la fin d’une guerre civile larvée entre deux camps qui paraissaient bien marqués.

 

Pourtant, le discours des partis de gauche, parti socialiste et parti communiste, au cours des années 1970, promettait des « ruptures », adoucies d’ailleurs en 1981 en « changement ».  Des partis d’extrême-gauche, pensant revivre juin 1936, voire 1917, avaient appelé à voter pour François Mitterrand. À travers la société française, divers groupes sociaux attendaient de ce nouveau gouvernement un progrès radical dans leur situation.

 

C’était attacher trop de crédit aux discours, et pas assez aux attitudes des partis de gauche envers les mouvements sociaux des années 1970, toujours soucieux de les subordonner à leurs propres objectifs électoraux. C’était surtout, comme le démontre Alain Bihr, négliger de rechercher quelle était la véritable base sociale du parti socialiste, et donc le véritable projet de celui-ci. Représentant les intérêts d’une couche sociale jusque-là  mal identifiée, classe de l’encadrement ou couches moyennes salariées, le parti socialiste n’a pas été capable d’en assurer la promotion à la hauteur de ses espérances.

 

On trouvera dans ce livre une analyse détaillée des origines de la politique menée par le parti socialiste, de ses fondements sociaux et, plus largement, des conditions qui l’ont amené à abandonner toute référence, même purement verbale, au socialisme, tandis que la droite cherchait son renouvellement dans une approche néo-libérale.   

 

212 pages - 1987