Cahiers Spartacus

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La révolution russeAnarchisme et anarcho-syndicalisme

La makhnovchtchina, l'insurrection révolutionnaire en Ukraine 1918-1921

15.0 EUR

Après le renversement du Tsar en 1917, la révolution suivit en Ukraine son propre cours. Le traité de Brest-Litovsk eut en particulier pour conséquence un retour au pouvoir des grands propriétaires réactionnaires, appuyés par les troupes austro-allemandes, contre lesquels se mobilisèrent paysans et ouvriers pour défendre les acquis de la révolution.

   Ce mouvement révolutionnaire autonome prit une ampleur et une durée considérables dans le sud-est de l’Ukraine, dans la région bordant la mer Noire et la mer d’Azov. Les groupes d’auto-défense apparus en 1917 et 1918 constituèrent une armée pour faire face aux armées blanches qui se dressèrent contre la révolution russe. Leur dirigeant le plus éminent en fut Nestor Makhno, un ouvrier anarchiste originaire de cette région ; d’où le nom de makhnovchtchina qui fut donné à l’époque à l’ensemble de ce mouvement. L’armée révolutionnaire ukrainienne joua un rôle déterminant dans les défaites de Dénikine, puis de Vrangel, et donc dans la sauvegarde de la révolution bolchevik, pour être finalement anéantie par l’Armée rouge.

   Archinov, qui fit la connaissance de Makhno en prison à Moscou, le rejoignit en Ukraine en 1919 et prit une part importante à l’action éducative et culturelle du mouvement. Il entreprit d’en écrire l’histoire dès 1920, en réponse aux déformations et calomnies de toutes sortes dont il était l’objet, en particulier de la part des bolcheviks. Dans des circonstances très difficiles, il l’acheva en avril 1921, quelques mois avant la défaite finale du mouvement.

 

   Cette édition reprend les textes de la première édition en français traduite et présentée par Voline (Éditions anarchistes, 1924), à l’exception de la préface de Sébastien Faure. Elle y ajoute une postface d’Hélène Châtelain, des photos qui ont été confiées à celle-ci par la famille Makhno à Gouliaï-Polié et des cartes.

 

« Durant toute la lutte révolutionnaire en Ukraine, la classe ouvrière et les paysans de ce pays n’eurent pas l'habitude d’avoir à leurs côtés un tuteur perma­nent et inflexible comme le fut le parti communiste en Grande Russie. Par consé­quent, il s’y développa une plus grande liberté d’esprit qui devait infailliblement se faire jour à l’heure des mouvements révolutionnaires des masses.

Plus important encore, les traditions de la Volnitza (Vie libre) se perpétuaient dans l’existence des paysans et ouvriers indigènes d’Ukraine depuis des temps bien lointains[1]. Quels que furent les efforts des tsars depuis Catherine II pour effacer de l’esprit du peuple ukrainien toute trace de la Volnitza, cet héritage de l’époque guerrière des XIVe - XVe siècles et des « camps zaporogues » s’y conser­va quand même et, jusqu’à nos jours, les paysans d’Ukraine ont gardé un amour particulier de l’indépendance. Cet amour se manifesta par une résistance opiniâtre des paysans ukrainiens contre tout pouvoir cherchant à les assujettir.

Le mouvement révolutionnaire en Ukraine s’accompagnait donc de deux cir­constances qui n’existaient pas en Grande Russie et qui devaient tant influer sur le caractère même de la révolution ukrainienne : l’absence d'un parti politique puis­sant et organisé, et l’esprit de la Volnitza historiquement propre aux tra­vailleurs d’Ukraine. »

 

256 pages - 2010



[1]. L’Ukraine, dont la situation géographique est assez particulière, fut de tous temps le pays où se réfugièrent les fugitifs aspirant à plus de liberté, ne voulant plus être des serfs, ou tombant sous le coup des lois de l’empire russe. Dans les îles qui se trouvent en aval du Dniepr surtout, ils s’organisèrent en camps exclusivement masculins et luttèrent pendant plusieurs siècles contre les tentatives l’asservissement des divers pays voisins. Finalement, cette population guerrière dut, tout de même, se soumettre à l’État russe. (Ndt.)