Cahiers Spartacus

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Histoire du socialisme

L'ère de l'impérialisme

7.0 EUR

Si la deuxième guerre mondiale apparaît bien comme une conséquence de la manière dont s’est terminée la première, elles se situent dans des périodes bien différentes : en 1918, les résidus du féodalisme qui persistaient en Europe centrale et orientale ont été pour l’essentiel balayés ; en 1945, s’ouvre la perspective de constitution d’un véritable empire.

 

   Robert Louzon précise : les impérialismes dont les affrontements ont débouché sur la première guerre mondiale n’étaient que du colonialisme, l’annexion de territoires à des États-nation. La constitution d’un empire est à une autre échelle : celle d’une civilisation qui s’impose à un ensemble de nations qu’elle vassalise.

 

   Il distingue trois candidats à la constitution d’un tel empire : l’Union soviétique, les États-Unis et, s’il pouvait se constituer, un ensemble Chine-Japon. L’Europe est un enjeu crucial pour la constitution de l’empire, étant le centre intellectuel fondateur de la civilisation contemporaine : Athènes par rapport à l’empire romain.

 

   Vis-à-vis de l’Europe, l’Union soviétique dispose d’atouts considérables : la similitude des comportements sociaux d’une grande partie de la population de la zone qu’elle domine avec ceux d’autres pays d’Europe ; l’attrait qu’exerce son régime sur les classes ouvrières européennes, qui y voient un « sauveur suprême », et sur les intellectuels des pays occidentaux, qui y reconnaissent leur État de classe. Mais l’empire ne peut être bâti que par l’État qui dispose de la supériorité technique, et l’Union soviétique est consciente de son infériorité dans ce domaine.

     Cette supériorité, les États-Unis la possèdent, non pas parce qu’ils sont pionniers dans le domaine de la recherche, mais parce que leur attachement à l’économie libérale pousse les entrepreneurs à innover sans cesse. Mais cette supériorité, ils risquent de la perdre si se tarissent les sources de l’invention et si l’étatisation de l’économie se développe comme elle l’a fait en Europe.

 

     Avec soixante ans de distance, il peut sembler vain de relire de tels pressentiments. Mais le point de vue de Louzon est assez original pour qu’aujourd’hui, où nombreuses sont les interrogations sur la mondialisation, il nous aide à nous interroger sur l’évolution de nos sociétés en prenant suffisamment de recul. 

 

96 pages - 1948